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Tribunal. Un ? d ?lit de solidarit ? ? ?tait jug ? en correctionnelle ? M ?con.

Article mis en ligne le 13 décembre 2009 par Webmaster  

La solidarité relaxée Les frères Secic, d’origine Bosniaque, comparaissaient hier devant le tribunal de Mâcon pour être venus en aide à un étranger à Digoin.

Akif et Fahret Secic vivent depuis 2005 en France. Venus de Bosnie, ils ont obtenu leurs papiers en 2007 et vivent désormais légalement dans leur pays d’accueil. Hier, ils comparaissaient pourtant devant le tribunal correctionnel de Mâcon pour l’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irréguliers d’un étranger en France. Un terme un peu pompeux qu’on appelle plus simplement « délit de solidarité » depuis quelques mois dans les médias.

On reproche en effet à ces deux frères d’avoir hébergé illégalement un troisième homme, originaire lui aussi de Bosnie, qui n’a pas eu la même chance qu’eux puisqu’aucun titre de séjour ne lui a été délivré. Durant trois jours, ils auraient illégalement hébergé ce compagnon de route dans leur maison de Digoin. Pour le juge, « il s’agit de juger si il y a un délit d’entraide dont le gouvernement nous dit qu’il n’est jamais appliqué ». Le Procureur, qui ne semble pas vraiment convaincu de l’utilité de poursuivre ces deux citoyens au casier judiciaire totalement vierge ne se lancera dans aucun réquisitoire. Il ne demandera qu’une simple « dispense de peine ». Ce n’est pas assez pour l’avocat des deux frères, Me Fenoy qui aurait préféré que le Procureur abandonne purement et simplement ses poursuites. « Je ne pensais pas plaider dans ce genre d’affaire un jour. Ces hommes ont accompli le devoir le plus élémentaire en hébergeant un de leurs compagnons de galère. N’a-t-on pas mieux à faire que de juger des citoyens qui n’ont rien à se reprocher ? Je vous demande avec force la relaxe. Si j’en avais le pouvoir, je demanderais également qu’on leur fasse des excuses ».

Une demande partiellement entendue par le tribunal qui relaxera les deux frères. La douzaine de militants de Réseau éducation Sans Frontières qui était venue soutenir les frères Secic affichait un large sourire à la fin de la séance. Pour l’une des militantes, Nicole Eschmann, « le Procureur n’a rien dit. C’est un symbole fort. Cette relaxe est un bon signe pour la solidarité ».

Pierre-Julien Duroussay pjduroussay@lejsl.fr

Publié le 10/12/2009


Sur le WEB : http://www.lejsl.com/fr/permalien/article/2449326/La-solidarite-relaxee.html
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